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LA MODERNISATION DE LA LIGNE CALAIS - DUNKERQUE

Aujourd’hui, la liaison ferroviaire Calais - Dunkerque, de par sa configuration à voie unique, son mauvais état et sa non électrification, ne peut supporter qu’un nombre limité de trains régionaux. Concurrencée par les dessertes du littoral proposées par l’autoroute A 16, elle répondait de moins en moins aux besoins de la mobilité quotidienne du trafic voyageurs et du transport de fret.
Aussi, dans le cadre du contrat de projets État - Région (CPER) 2007/2013, l’État, la Région Nord-Pas de Calais et Réseau Ferré de France ont décidé de moderniser la ligne ferroviaire du littoral en lançant une série d’études détaillées nécessaires pour lancer le chantier. Dix-huit mois de travaux sont prévus, avec le planning suivant :
  • décembre 2012, arrêt du trafic voyageurs et mise en place d’un service de substitution du trafic TER par car.
  • de janvier à avril 2013, travaux préparatoires avec la création de la base travaux de Bourbourg. Cette base, d’une superficie de 11.000 m², est la pièce maitresse du chantier. Elle sert au stockage et l’acheminement des matériaux, fournitures et engins nécessaires au fonctionnement du chantier. 58.000 tonnes de ballast et 43.000 traverses y sont stockées). Dans le même temps, une base secondaire est également installée à Gravelines.
  • avril 2013 arrêt de la circulation des marchandises.
  • avril à juillet 2013 rénovation des ouvrages d’art : pont et ouvrages hydrauliques (remplacement, régénération, entretien).
  • avril 2013 à mai 2014, réfection des 46 km voie et de ses composants (ballast, traverses béton, longs rails soudés). Allongement de la voie d’évitement de Gravelines qui passe de 800 m à 2.000 m.
  • août 2013 à juin 2014, travaux d’électrification et de signalisation de la voie et de modernisation du poste d’aiguillage de Gravelines. Mise en place de barrières aux passages à niveau non équipés.
  • octobre 2013 à mai 2014, travaux de protections acoustiques avec pose de 4.000 m d’écrans antibruit et remplacement des menuiseries des habitations riveraines.
  • mai à fin septembre 2014, vérifications et essais.
À l’issue de ces travaux, le nombre de trains régionaux en circulation passera de 9 à 22 par jour avec une densification de TER aux heures de pointes. La durée la plus rapide du trajet sera de 36 minutes au lieu de 44 minutes en décembre 2012.
Les entreprises de fret se verront proposer de meilleurs services et des créneaux plus nombreux avec un trafic de 16 trains par jour (contre 11 en 2012) et la possibilité de faire circuler des convois longs (diésel ou électrique) de 750 m sans changement de machines.



Cette modernisation permettra d’œuvrer au renouveau du transport ferroviaire régional et d’accroitre la qualité de service rendu à l’ensemble des usagers, aussi bien voyageurs que fret. On estime qu’une fois les travaux terminés, la fréquentation du trafic voyageur pourrait passer de 200 usagers par jour actuellement à plus de 1200. Elle permettra également de participer au dynamisme portuaire de la région, les ports de Dunkerque et de Calais étant aujourd’hui engagés dans une politique active de développement incluant une large place au transport ferroviaire.
De par sa situation stratégique sur l’axe nord-sud et avec la proximité de l’accès du tunnel sous la Manche, la région Nord-Pas de Calais a pour ambition de devenir un « Hub au cœur de l’Europe ». Ces travaux de modernisation sont une nouvelle étape pour arriver à concrétiser ce projet.

LE FINANCEMENT DU PROJET

Le coût du projet est de 104,5 millions d’euros.
Celui-ci est cofinancé par : la Région Nord-Pas de Calais : 39,125 millions d’euros - l’Europe : 30 millions d’euros - Réseau Ferré de France : 17,375 millions d’euros - l’État : 8 millions d'euros - la Communauté urbaine de  Dunkerque : 5 millions d’euros - la Communauté d’Agglomération Cap Calaisis : 2,5 millions d’euros - la Chambre de Commerce et d’Industrie Côte d’Opale : 2 millions d’euros - Eurotunnel : 0,5 million d’euros.
Source : RFF.

Philippe BRUYELLE  (23/09/2013)
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