REPORTAGES



LA LOCOMOTIVE DE L'ENTENTE CORDIALE

Le 19 juillet 1938, cent coups de canon sont tirés par une batterie postée au Fort du Mont Valérien. Cette salve traditionnelle salut l’arrivée à Paris, en gare de l’avenue Foch, du train royal amenant les souverains britanniques, le roi George VI et de la reine Elisabeth, pour une visite en France dans le cadre de l’Entente cordiale.
En tête du convoi composé d’un fourgon, d’une voiture Pullman, d’une voiture restaurant, d’une voiture salon et d’un second fourgon, se trouve une locomotive Super-Pacific Nord, la 3.1280, une des 40 machines étudiées par l’ingénieur Marc de Caso et construite en 1931 par les ateliers Cail à Denain.
Pour ce voyage royal, le carénage de la machine, conduite par Pierre Leseigneur (un nom bien choisi pour prendre en charge de tels hôtes de marque), avait été peint en bleu wagons-lits nitrolac avec bandes d’or horizontales, et portait à l’avant les couleurs françaises et sur les côtés les couleurs anglaises. Autant dire qu’elle était magnifique cette Super Pacific, mais les puristes préféreront toujours sa livrée d’origine couleur chocolat de la Compagnie du Nord.
Peu de temps après la création de la SNCF, la 3.1280, fut décarénée et rebaptisée avec le n° 231.C.78. Pendant toute sa carrière elle sera affectée au dépôt de Paris La Chapelle et assurera le service de trains « Rapide » et « Express » ainsi que des convois aux noms prestigieux qui font encore rêver aujourd’hui comme « La Flèche d’Or » et « L’Oiseau Bleu ».
En 1961, sa réforme est prononcée mais elle est sauvée de la ferraille et désignée pour être conservée à la Cité du Chemin de fer de Mulhouse. Après avoir été garée dans différents dépôts, elle est confiée en 1993 par convention de la SNCF, et pour restauration, au CMCF (Centre de la Mine et du Chemin de Fer) de Oignies dans le Pas de Calais.



Depuis cette date les membres du CMCF travaillent sans relâche pour remettre en état cette magnifique locomotive chargée d’histoire. Mais le travail est long, difficile et coûteux et il faudra encore une dizaine d’années avant que l’on puisse admirer la 3.1280, comme neuve, rouler sur le réseau national.En 2000, le CMCF a reçu un bel encouragement avec l’accord de la Reine Mère Elisabeth, pour associer son nom à la rénovation de la locomotive qui a tiré le Train Royal et dont elle avait gardé un très bon souvenir.
Si vous désirez aider le CMCF à restaurer la Super Pacific en venant comme bénévole ou si vous détenez des documents d’origines susceptibles d’aider les techniciens dans leurs réparations, ou si vous voulez simplement faire un don, vous pouvez prendre contact en cliquant sur ce lien.
Mais l’activité du Centre de la Mine et du Chemin de Fer ne se résume pas seulement à la rénovation de la Super Pacific. De nombreuses autres activités sur le monde du ferroviaire et de la mine vous sont proposées : réseaux à petites échelles (Z, N, HO, TT, 0, 1, IIm LBD), vapeur vive (5 et 7pouces ¼), voie normale (présence de nombreuses locomotives électriques, diesel, voitures voyageurs, etc.).
Véritable musée vivant du Chemin de fer sur fond d’épopée minière, le CMCF abrite également l'association des Anciens des Ambulants Postaux. Pour en savoir plus, je vous invite à visiter leur site internet en cliquant sur ce lien, ou venir découvrir les locaux lors de la prochaine opération Portes Ouvertes qui aura lieu le dimanche 13 avril 2014 de 14h00 à 18h00. Vous pouvez également vous rendre sur la page Facebook de l'association en cliquant ici.
CMCF. Centre de la Mine et du Chemin de Fer. Centre Denis Papin. Rue Émile Zola. 62590 OIGNIES.

J'allais oublier, en 2004, pour les festivités de la commémoration du Centenaire de l’Entente Cordiale, la Reine Elisabeth II est arrivée à Paris en Eurostar. Autre temps, autre technologie, mais le rail reste.
Remerciements à Michel Gérard, Xavier Bény, Julien Defournier et Maurice Vroman.

Philippe BRUYELLE (27/01/2014)
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