LE RÉSEAU EXPRESS GRAND LILLE

Forte de 1,1 millions d'habitants, la Métropole Lilloise est l’une des plus denses de France avec 1.819 habitants au km². La population est portée à 3,8 millions si l’on tient compte du territoire du Grand Lille composé des grands pôles urbains de Lille, Roubaix, Tourcoing, Béthune, Lens Douai, Arras, Cambrai et Maubeuge, côté français, et Ypres, Courtrai, Mouscron et Tournai, côté belge.
L’activité commerciale et les différentes nécessités de transports de cette immense agglomération, génèrent chaque jour plus de 4,5 millions de déplacements, dont plus de 600.000 avec les territoires voisins (⅔ avec la région, ¼ avec la Belgique et le reste avec des territoires plus éloignés). Rien qu’entre Lille métropole et le Bassin minier, 320.000 personnes font quotidiennement la navette en utilisant leur véhicule à plus de 68%, ce pourcentage pouvant monter à près de 90% pour les liaisons domicile-travail.
Avec un tel flux, l’accessibilité métropolitaine est de plus en plus préoccupante, le réseau routier et autoroutier étant systématiquement congestionné aux heures de pointes.
Pour éviter l’asphyxie et afin que la région conserve son attractivité, un projet de Réseau Express Grand Lille (REGL) est annoncé en janvier 2010.
Prenant la forme d’un axe nord-sud sur une infrastructure nouvelle entre Lille et Hénin Beaumont, le projet aurait 4 connexions avec les lignes ferroviaires existantes menant vers Armentières, Roubaix - Tourcoing - Courtrai au nord, et Lens, Douai, Arras au sud.
En plus de l’enjeu d’un report de l’automobile au train, le REGL a également pour ambition de déployer une nouvelle offre de mobilité intelligente qui serait un moteur de développement économique et résidentiel à l’échelle régionale grâce à ses 6 gares et pôles d’échanges*, ses 56 kilomètres de voies nouvelles et ses 99 kilomètres de voies existantes.
Pour présenter ce projet et connaître l’avis des citoyens, la Commission nationale du débat public organisa pendant 4 mois une vaste opération d’information et de rencontres.
Douze réunions publiques**, ouvertes à tous, à Roubaix, Armentières, Hénin-Beaumont, Arras, Douai, Seclin, Villeneuve d’Ascq, Cambrai, Carvin, Lille et Hellemmes-Lille, ont permis d’expliquer le projet mais également de recueillir les avis, les questions et interrogations, chacun pouvant exprimer ses critiques, ses inquiétudes ou son enthousiasme.
Afin de rencontrer le plus de personnes concernées, des débats furent également organisés sur les marchés, dans les gares, les centres commerciaux et autres lieux de vie, de travail et de passage grâce à des comptoirs et stands mobiles. Viennent également s’ajouter les auditions publiques des experts, les rendez-vous avec les organismes représentatifs et les acteurs du territoire (chefs d’entreprises - acteurs de la protection de l’environnement - syndicalistes - agriculteurs - commerçants et artisans - professionnels de l’architecture, de l’urbanisme et du paysage - étudiants et lycéens), la fabrique de propositions permettant de présenter des scénarios alternatifs ou complémentaires au projet initial, sans oublier le site internet dédié avec ses espaces d’expression (forum de discussion, questions-réponses, les points de vues des participants, etc.), la page facebook, et toute la documentation papier.


Peu habitué à un tel exercice démocratique pour ce type projet, ce débat a impressionné les citoyens du Nord - Pas de Calais, par la quantité des rencontres organisées sur le territoire, par son côté mobilisateur et participatif, par la qualité de son organisation et par le professionnalisme des membres de la Commission qui ont veillé à ce que le travail d’information et d’écoute du public soit le plus complet possible.
Le 22 juillet, dans sa synthèse de fin de débat, Jacques Archimbaud, le président de la Commission (photo ci-contre), annonçait que les réunions avaient fait apparaître, du point de vue du grand public, une adhésion assez forte aux valeurs que sous-entend le projet du Réseau Express Grand Lille et notamment l’idée de l’unification de la Région autour du rail.
Il ressort également que le périmètre de cette nouvelle infrastructure et le développement du réseau actuel sont étroitement liés à la définition d’une offre globale de service et d’une gouvernance partagée pour la mise en œuvre de cette offre.
Le 22 septembre, la Commission présentera son compte-rendu du débat public. Ce bilan qui consignera et rapportera fidèlement l’ensemble des expressions recueillies au cours des réunions et différents moyens de communication mis à la disposition des citoyens, sera ensuite remis au porteur du projet, la Région Nord-Pas de Calais qui, après études et réflexions, fera connaître sa décision quant à la suite à donner au projet dont le budget prévisionnel représente 2,11 milliards d’euros. Site Web.

* Gares Sainte-Henriette (Hénin-Beaumont), Carvin - Libercourt, Seclin, Lesquin (gare actuelle ou nouvelle près de l’aéroport), Stade Pierre Mauroy, Lille-Flandres (gare souterraine). Une autre gare est également envisagée sur la zone de l’Union, entre Roubaix et Tourcoing. ** Trois de ces réunions furent organisées à l’initiative des collectivités locales de Cambrai, Carvin et Villeneuve d’Ascq. Documents : CNDP. Photo : Philippe Bruyelle.

Philippe BRUYELLE (03/08/2015)
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