UNE HISTOIRE  DANS L'HISTOIRE

- Rainhill Trial -


Nous sommes dans le nord-ouest de l’Angleterre en 1829. La ligne de chemin de fer entre Liverpool et Manchester est sur le point d’être achevée. Reste à choisir le type de machine qui pourra exploiter de façon régulière et fiable cette première ligne commerciale, et les administrateurs de la « Liverpool and Manchester Railway » lancent un concours, avec une prime de 500 £. Huit règles sont établies : la machine ne devra pas peser plus de six tonnes – les roues devront être suspendues sur ressort – le poids du train tracté ne devra pas être inférieur à trois fois le poids de la locomotive – la locomotive devra atteindre la vitesse de 10 miles (16 km/h) – la hauteur de la locomotive depuis le sol jusqu'au sommet de la cheminée ne doit pas excéder 15 pieds –  la machine doit être équipée de deux soupapes de sécurité, dont l'une hors de la portée du conducteur – le moteur doit  « consommer sa propre fumée » - le coût de la locomotive doit être inférieur à 550 £.

Les 5 machines sont :
The Cycloped (Le Cycloped) - The Perseverance (La Persévérance) - The Novelty (La Nouveauté) - The Sans pareil (La Sans pareil) - The Rocket (La Fusée).

Dix constructeurs répondent au concours mais cinq seulement se présentent devant les 3 juges, John Rastrick (ingénieur), Nicholas Wood (ingénieur) et John Kennedy, le 6 octobre à Rainhill, pour participer à la compétition.

« Le Cycloped » (The Cycloped), qui pèse 3 tonnes, est présentée par Thomas BRANDRETH, de Liverpool. Sans aucun modernisme, cette machine est propulsée par un cheval qui avance sur un tapis d’entrainement. Elle est rapidement éliminée après que le cheval soit passé à travers le plancher. Sa vitesse maximale fut de 5 miles (8 km/h).

« La Persévérance » (The Perseverance), machine de 2 tonnes et 863 kg, construite par Timothy BURSTALL, d’Édimbourg, à la malchance d’être endommagée lors de son transport à Rainhill. Timothy BURSTALL mettra 5 jours à remettre en état sa locomotive, mais après avoir atteint seulement une vitesse 6 miles, Il se retira de la compétition. Le jury lui donnera quand même un prix de consolation de 25 £.


Pesant 2 tonnes et 762 kg, « La Nouveauté » (The Novelty) est proposée par John BRAITHWAITE et John ERICCSSON, de Londres. Plus légère que toutes les autres locomotives en compétition, elle est la plus rapide avec une vitesse de 28 miles (44,8 km/h) le premier jour des essais. Confrontée, les jours suivants à des problèmes d’étanchéité de la chaudière, la vitesse ne pouvait dépasser les 15 miles (24 km/h), The Novelty, malgré les faveurs du public présent, fut contrainte à l’abandon.

« La Sans Pareil » (The Sans pareil), construite par Timothy ACKWORTH, de Darlington, est, avec ses 4 tonnes et 406 kg, la plus lourde des concurrentes. Malgré son poids, elle parvint à une vitesse de pointe supérieure à 16 miles (25,6 km/h) et effectua 8 fois le parcours imposé par les organisateurs. Malheureusement un cylindre fissuré mit un terme à ses essais. Bien que n’ayant pas gagné le concours, la Liverpool and Manchester Railway décida d’acheter La Sans pareil.

Engagée par Robert STEPHENSON assisté de son père George STEPHENSON et de Henry BOOTH, « La Fusée » (The Rocket), qui pèse 4 tonnes et 152 kg, utilise une chaudière tubulaire permettant de produire plus de vapeur. Au troisième jour de la compétition, The Rocket parcourt 35 miles en 3 heures et 12 minutes avec une charge de 13 tonnes et atteint les vitesses de 25 miles (40 km/h) puis 29 miles (46,4 km/h, mais locomotive seule). Devant de tels résultats, les juges lui adjugèrent la victoire, la récompense de 500 £ et envoyèrent à l’entreprise de Robert STEPHENSON, à Newcastle-upon-Tyne, une commande pour la fourniture de locomotives The Rocket.

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On pourrait croire, à la lecture de cette histoire, que la naissance de la locomotive à vapeur date de 1829. Et pourtant, avant la rencontre de Rainhill, de nombreux essais furent réalisés et parfois réussis, notamment  celui fait par Richard TREVITHICK en 1804. 

Mais en fait, la machine à vapeur est bien plus ancienne et, bien souvent, le fruit d'une amélioration ou d'une transformation de travaux antérieurs. Ainsi, de l'antiquité, avec l'Éolipyle du grec Héron d'Alexandrie, jusqu'à nos jours, avec les améliorations apportées par André Chapelon, la machine à vapeur n'a cessé d'évoluer, chaque chercheur ou inventeur, modifiant,  transformant, modernisant une machine déjà existante ou l'adaptant pour une fonction bien précise ou, mieux encore, la créant de toutes pièces.

Vous trouverez, ci-après, par ordre chronologique et sur 4 chapitres : (de l'antiquité à la fin du XVIIIème siècle - le XIXème siècle - le XXème siècle - le XXIème siècle), un essai du suivi de la progression de la machine à vapeur, puis du chemin de fer en général.

Malgré une attention toute particulière, il se peut que des erreurs se soient glissées dans la rédaction de ces listes qui, n'étant pas exhaustives, peuvent aussi faire l'objet de manque ou omission. Aussi n'hésitez pas à me faire part de vos remarques ou de vos suggestions en me contactant à l'adresse suivante : courriel@trainvapeur.fr. Merci d'avance.


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