REPORTAGES


LES 75 ANS DE LA SNCF

« IL EST IMPOSSIBLE D'ÊTRE CONSERVATEUR DANS UNE ENTREPRISE COMME SNCF » Guillaume Pepy

BON ANNIVERSAIRE

C'est dans un contexte de réforme ferroviaire que la SNCF a fêté le mardi 30 octobre 2012 à la Halle Freyssinet à Paris, ses 75 ans d'existence, « 75 ans d'histoire avec des moments intimement liés à l'histoire du pays, dans des moments de réussites comme dans des périodes difficiles » précisait Guillaume Pepy, son président.

Pour commémorer cet anniversaire, la SNCF avait convié près de 3500 personnes représentant tous ceux qui participent à la famille ferroviaire française (cheminots, constructeurs, Réseau Ferré de France, journalistes), à participer à la fête et écouter les discours de Guillaume Pepy (président de la SNCF) et de Frédéric Cuvillier (ministre délégué des Transports, de la Mer et de la Pêche).

      Guillaume Pepy à la tribune des 75 ans de la SNCF à la Halle Freyssinet. (photo: Ph. B - trainvapeur.fr)

UNE FÊTE SUR FOND DE RÉFORME DU FERROVIAIRE FRANÇAIS

Cette date anniversaire coïncidait avec l'annonce par le gouvernement du début de la réforme du ferroviaire avec le rapprochement de RFF (Réseau Ferré de France) et de la SNCF. Une réforme qui s'articule autour du chiffre 4.

QUATRE CONSTATS :
• Le système ferroviaire fait face à des dysfonctionnements durables et répétés qui dégradent la qualité de service offerte à tous les utilisateurs, et notamment aux usagers des trains du quotidien.
• Les coûts du système ferroviaire ne sont pas maîtrisés ce qui conduit à une dérive des équilibres économiques.
• Le cadre social ferroviaire est éclaté depuis l’arrivée des entreprises privées de fret.
• Le système ferroviaire doit être prêt pour les futures évolutions communautaires.
QUATRE OBJECTIFS :
• La réforme ferroviaire mettra en œuvre une organisation du système ferroviaire à même de répondre aux besoins des usagers.
• La réforme ferroviaire vise à restaurer les conditions d’un équilibre économique de long terme pour le système ferroviaire.
• La réforme ferroviaire offrira aux partenaires de la branche ferroviaire l'occasion de conclure un nouveau « pacte social ».
• La réforme ferroviaire aura pour but de préparer l’ouverture à la concurrence dans des conditions équitables sans l’accélérer.
QUATRE AXES :
• Axe « qualité de service et missions de service public ». Unification des fonctions de gestionnaire d’infrastructure dans une entité unique, le gestionnaire d’infrastructure unifié (GIU), et rattachement à l’exploitant historique au sein d’un pôle public unifié, dans le respect des règles européennes.
• Axe « redressement économique ». Nécessité, au vu des enjeux économiques et financiers du système, de donner à celui-ci les moyens d’un équilibre durable, ainsi que des règles permettant d’encadrer l’endettement.
• Axe « social ». Modernisation du dialogue social avec un nouveau « pacte social » conclu par tous les partenaires de la branche ferroviaire pour garantir le meilleur fonctionnement du système.
• Axe « Europe ». Préparation du système ferroviaire à l’ouverture à la concurrence, mais sans anticipation, garantie sur l’indépendance du GIU et sur l’accès au réseau et avec négociation d’un niveau de garanties sociales obligatoire pour tous les Etats membres.
La SNCF sera au cœur du système mais comme le précise le ministre « il n'y a ni vainqueur, ni vaincu mais l'addition des compétences ». Et le ministre poursuit « nous allons la construire cette réforme, dans la simplicité, dans le pragmatisme, dans le souci premier de répondre aux enjeux ». Et les enjeux sont importants car aujourd'hui la réalité financière du ferroviaire français se résume à une dette de 40 milliards d'euros à laquelle s'additionnerait chaque année, sans rien faire, plus de 1,5 milliard d'euros. « L'inaction nous amènerait à une situation de faillite du système ferroviaire français » souligne Frédéric Cuvillier.
Cette nouvelle gouvernance du rail hexagonal a également pour but de répondre à l'ouverture complète de la concurrence commerciale voulue par Bruxelles en 2019.


  
Le ministre délégué des Transports, de la Mer et de la Pêche, Frédéric Cuvillier, au centre de la famille du ferroviaire français.
(photo Ph. Bruyelle - trainvapeur.fr
)

LA SNCF : UNE VIEILLE DAME PLEINE DE PROJETS

A 75 ans, la SNCF se lance donc un nouveau défi qui, selon son président, se résume en trois parties :
-  rénover les transports publics de la vie quotidienne, c'est l'absolue priorité
-  être le champion de toutes les mobilités pourvu qu'elles soient écologiques et économiques
-  contribuer, dans une période de crise, au succès industriel de notre pays
Née d'une convention signée le 31 août 1937 entre l'État et les principales compagnies privées (Compagnie du Nord, Paris-Lyon-Méditerranée (P.L.M), Paris-Orléans (P.O), Compagnie de l'Est, Compagnie du Midi), et ayant officiellement vu le jour le 1er janvier 1938, la SNCF est aujourd'hui une entreprise ou plutôt un groupe de plus de 240.000 personnes réparti en 5 branches d'activité.

SNCF INFRA qui entretient et veille sur les 30.000 km de lignes du réseau ferroviaire français, gère la circulation de milliers de trains au quotidien et exporte sa technologie et son ingénierie à travers le monde.

SNCF PROXIMITÉS, le numéro 2 mondial de la mobilité collective et le premier partenaire des collectivités françaises. Son chiffre d’affaires s’élève à plus de 12 milliards d’euros. Chaque jour, 10 millions de voyageurs utilisent ses trains régionaux, bus, cars, métros, tram-trains et vélos en libre-service.

SNCF VOYAGES qui assure le transport ferroviaire longue distance et à grande vitesse de plus de 130 millions de personnes par an dans toute l’Europe.

SNCF GEODIS spécialisé dans le transport et la logistique de marchandises et dont la combinaison de solutions de transports multiples se déploie dans le monde.

GARES & CONNEXIONS qui assure la gestion des 3000 gares de voyageurs et invente de nouveaux services en créant des carrefours de mobilité.

Ajoutons à cela, grâce à ses filiales, une présence de SNCF sur tous les continents comme en Europe avec le transport grande vitesse régionale au sud-est de Londres en Grande-Bretagne avec Keolis ; en Amérique le transport ferroviaire passager dans la banlieue de Washington (USA) avec Keolis et, avec Systra, le développement des transports de Santiago au Chili ; en Afrique et au Moyen-Orient le métro de Dubaï aux Émirats Arabes Unis, sans oublier la construction du premier TGV africain au Maroc entre Tanger et Kenitra ; et enfin en Asie - Océanie les métros de GoldCoast et de Melbourne en Australie et la conception et réalisation, par Arep, des immenses gares de ShangaÎ et de Wuhan, la capitale économique du centre de la Chine.
Aujourd'hui le savoir faire de la SNCF est reconnu dans le monde entier et sa présence est effective dans 120 pays.
 
Depuis 1937, que de kilomètres et de chemins parcourus.... et pourtant, loin de s'essouffler et paraissant étonnamment jeune pour son âge, la SNCF nous donne le sentiment que le voyage ne fait que commencer. Alors... bons rails SNCF !

Philippe BRUYELLE  (30-10-2012)
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